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Nous nous préparons à une correction des marchés avec une baisse de 15% (Bruno Blin, Renault Trucks)

A l’occasion d’une conférence de presse ce matin à Paris, Bruno Blin, président de Renault Trucks, a annoncé que « la marque s’attendait et se préparait à une correction des marchés avec une baisse de 15% pour 2020 ». « Nous nous attendions à une baisse moins importante sans la problématique du coronavirus » a tenu à préciser le dirigeant. Renault Trucks entend développer son offre électrique en investissant 150 millions d’euros pour pouvoir « électrifier » l’ensemble des segments. La marque française prévoit la sortie d’un tracteur tout électrique pour le régional.  

Concernant le coronavirus et ses répercussions sur l’industrie, Bruno Blin a précisé que Renault Trucks a réorganisé ses productions sans réelles conséquences. « Nous n’avons pas baissé la fabrication de nos produits » a précisé le président.

Avec 54 098 véhicules facturés, Renault Trucks a maintenu ses positions en 2019, « dans un marché des véhicules industriels contrasté, entre un premier semestre très dynamique et un second en perte de vitesse » a souligné Bruno Blin ce matin. Sur le marché des plus de 6 tonnes, le constructeur français affiche une part de marché stable en Europe (8,5 %) et maintient sa position dominante en France avec 27,9 %. « Notre activité VO est restée soutenue avec une hausse de 11% l’an dernier tout comme le chiffre d’affaires des pièces de rechange » a ajouté le président.

Répartition des facturations par destination

France : 24 621 unités facturées (+2 %)

Europe : 24 544 unités facturées (-9 %)

International : 4 933 unités facturées (+10%)

Bons résultats en Europe

Sur le marché européen des plus de 6 tonnes, Renault Trucks affiche une part de marché de 8,5 %, totalement stable par rapport à 2018. Sur le marché des plus de 16 tonnes, le constructeur enregistre une légère baisse de 0,1 point de part de marché, tandis qu’il affiche une hausse de 0,3 point de part de marché sur les gammes intermédiaires 6-16 tonnes. Bruno Blin est revenu sur l’annonce par le groupe Volvo d’une nouvelle division commerciale entre les deux constructeurs : « nous optimisons notre organisation avec des équipes dédiées Renault Trucks depuis janvier 2020. Après une période durant laquelle nous avons partagé les équipes commerciales avec Volvo. Nous constatons déjà des effets sur les commandes. »

Maintien de la part de marché en France

2019 est la sixième année consécutive de hausse concernant le marché des véhicules de plus de 6 tonnes avec 54 548 véhicules immatriculés contre 53 694 l’année précédente soit une augmentation de 1,6 %. Renault Trucks conserve sa position de leader avec 15 306 véhicules immatriculés contre 15 154 en 2018 soit une hausse de 1 %. Le constructeur français stabilise sa part de marché à 27,9 % contre 28,1 % l’an dernier. Sur le segment des véhicules de 6,1 à 15,9 tonnes, en recul de 2 %, Renault Trucks renforce sa position (+ 2,3 points). Avec une part de marché de 34,5 % contre 32,2 % l’an dernier, le constructeur national reste en position de force sur ce segment (1 827 véhicules immatriculés contre 1 737).

Concernant le marché des véhicules de plus de 16 tonnes, en croissance de 2 %, avec 13 479 véhicules immatriculés pour Renault Trucks et donc une progression de 0,5 % en volume par rapport à l’année dernière, la part de marché du constructeur cède 0,4 point. Elle s’établit à 27,4 %. Comme l’an dernier, ce marché repose sur une croissance équilibrée des segments des porteurs et des tracteurs dont les hausses respectives en volume s’établissent à 1,1 % et 2,6 %. Sur le segment des porteurs, avec 6 930 porteurs immatriculés contre 6 665 en 2018, la progression de Renault Trucks s’établit à 4 % ; fort de la densité unique et du savoir-faire de son réseau, le constructeur national conforte sa position de leader. Sa part de marché croît de plus de 1 point et s’enracine à 37,3 %.

Sur le segment des bennes à ordures ménagères et des véhicules de secours et d’incendie, Renault Trucks reste en France le leader incontesté avec respectivement 65,5 % et 66,5 % de parts de marché.

Record en VO

En 2019, les facturations de véhicules d’occasion ont bondi de 11 % pour atteindre 9 442 unités. « Nous avons maitrisé en 2019 nos stocks qui sont restés identiques à 2018. Depuis 5 ans, nous avons une approche professionnelle du VO. En 2019, nous avons mis en place une formation de nos vendeurs VO » a précisé Bruno Blin qui a rappelé que le bureau design Renault Trucks personnalisait les véhicules en proposant de redessiner les camions VO de la marque.

Le D Wide Z.E. en production sur les lignes de Blainville

Electrifier tous les segments

Lors de cette conférence de presse, Bruno Blin a annoncé le lancement cette semaine de la fabrication en série de la génération Z.E. (D Wide Z.E.) sur la ligne habituelle à Blainville (Orne) (photo). Le président n’a toutefois pas précisé le volume de production qui reste « limité ». Il a rappelé une commande record de 20 véhicules D Wilde Z.E. par Carlsberg. « Nous allons investir 150 millions d’euros pour l’électrique d’ici trois ans avec un objectif de proposer une offre électrique pour chacun des segments dont les porteurs. Nous envisageons pour 2025 de vendre 10% de nos véhicules en électrique. » Bruno Blin a précisé que Renault Trucks songeait à un tracteur électrique pour le régional.

Et 2020 ?

« Nous nous préparons à une correction des marchés. Nous nous attendons à une baisse de 15% cette année. Avec la problématique du coronavirus, on ne sait pas comment ça va tourner » a indiqué le président de Renault Trucks lors de la conférence de presse avant d’ajouter : « nous continuons d’investir malgré tout dans la recherche et le développement. Nous venons d’inaugurer Tech Center à Lyon. Ce qui représente 34 millions d’euros d’investissement. » Bruno Blin a rappelé que Renault Trucks misait sur l’économie circulaire et avait lancé une étude sur la mise en place d’une filière de recyclage en partenariat avec Indra et l’Ademe. « Cela correspond avec ce que l’on fait dans notre usine de Limoges où nous réparons les boites de vitesse que nous remettons ensuite sur le marché. »

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