EDITO HERVE REBILLON

Vignette PL Carburant, la base rêve en bonnets jaunes

C’est le scénario que redoute le plus le patronat du transport routier : que la base réagisse, organise ses propres actions. Et qui dit blocus dit négociations à suivre. Cependant, on voit mal des négociations s’engager entre des chefs de collectifs et le ministère des transports sans les représentants légaux : les quatre fédérations. Mais beaucoup, syndiqué ou non, rêve en bonnets jaunes, souhaitant reprendre le mouvement des bonnets rouges en y associant celui des gilets jaunes.

On a tous en tête le célèbre Tarzan qui, dans un autre siècle (il y a 26 ans), avait été utilisé pour défendre l’image des routiers en France. Mais ça avait vite tourné au fiasco. A l’époque, la mise en place du permis à points avait déclenché la colère des routiers en plein été 92. Et Daniel Leiffet, de son vrai nom, avait devancé les syndicats en bloquant avec un collège des dépôts de carburants à Gennevilliers. Et si le scénario se reproduisait cette fois avec des artisans routiers ?

Les collectifs de petits transporteurs se multiplient et les chefs de file aussi. Il n’y a qu’à parcourir les réseaux sociaux. Je ne serai pas étonné qu’un nouveau Tarzan fasse son apparition. Tous connaissent mieux que quiconque le métier et le secteur. Ces nouveaux porte-paroles n’attendent qu’une chose : que les journalistes leur tendent le micro. Et vice-versa, les médias n’attendent qu’un ambassadeur de la profession.

Contrairement aux fédérations, ces collectifs sont moins bien organisés et leur crédibilité est souvent remise en cause. On se souviendra du collectif d’Alain Spinelli qui, en 2013, pour protester contre l’écotaxe, avait appelé les transporteurs à bloquer le pays prévoyant même une extension du mouvement à toute l’Europe. L’ancien dirigeant d’une entreprise de déménagement du nord avait du renoncer à poursuivre son action, faute de camions. Aujourd’hui à la retraite, Spinelli a passé le flambeau à d’autres transporteurs qui annoncent une action début décembre.

C’est de leurs adhérents que les fédérations devraient se méfier. Les réactions les plus inattendues pourraient venir de la base en régions. La FNTR Bretagne a rejoint le collectif des acteurs économiques bretons indépendamment de la communication menée par la fédération nationale à Paris. Elle n’avait pas hésité lors du feuilleton écotaxe à s’y associer tout en gardant une certaine discrétion.

Mais quelle représentation officielle ont réellement ces collectifs non syndiqués ? Si la situation devait se corser, en cas de blocages Elisabeth Borne pourrait-elle les recevoir ? Rien n’est sûr. Mais rappelons que Tarzan avait été reçu à l’époque par le premier ministre de l’époque, Pierre Bérégovoy. Et le permis à points avait été maintenu !

One Response

  1. Bonjour,
    Comme vous dites Alain Spinelli m’a passé la main en 2015 au Touquet et j’ai rebaptisé le collectif Groupement TPE TRANSPORTS étant donné que sur la page du collectif de base ne reste que des conducteurs aigris qui dénigre systématiquement les Patrons pour preuve quand nous lançons l’appel sur la page du collectif les réponses sont ce n’est pas a nous de bouger mais au patrons…Comme ci cette page était devenu celles des conducteurs auraient ils oubliés que ce Collectif et cette page a était créé par des Patrons??
    En fin bref en 2013 contre l’écotaxe le seul mouvement qui a fait sont effet au nom du collectif Spinelli c’étai avec moi dans le Nord n’en déplaise…!!!
    Et je continu toujours en son nom…
    Cordialement
    Christophe Caron

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