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Perspectives filière du véhicule industriel et urbain : 36 200 immatriculations pour 2020, selon la FFC

Des mesures publiques destinées à soutenir l’investissement attendues

La Fédération Française de Carrosserie vient de publier une étude en collaboration avec le cabinet de conseil le BIPE sur les perspectives de marché de la filière du véhicule industriel et urbain confrontée comme d’autres secteurs à la pandémie du coronavirus. Les immatriculations de véhicules industriels neufs en France devraient baisser de 35% en 2020 (36 200 immatriculations) avant de s’envoler en 2021 (+22% avec 44 000 véhicules).

L’étude donne des perspectives de croissance qui s’annoncent très dégradées cette année en raison de la crise du coronavirus même s’il est difficile à ce stade d’évaluer précisément l’impact sur le PIB mondial. « Le caractère spécifique de cette crise sanitaire réside dans le fait que c’est à la fois une crise d’offre et de demande impactant directement l’économie réelle » précise-t-elle.

L’étude rappelle « la dépendance de la France aux intrants chinois et italiens » dans différents secteurs comme les industries automobiles, de semi- conducteurs, des fibres optiques et d’acier. « Les industries françaises en besoin direct d’intrants chinois (en 2014, en %) » précisent les auteurs. Le secteur des équipements électriques est dépendant à 2,4 % des inputs chinois. Forte dépendance des secteurs du textile, de l’électronique et de l’automobile. La France étant très intégrée dans les chaînes de valeurs européennes, la dépendance aux intrants italiens est plus élevée. Les industries les plus dépendantes sont assez semblables à celles dépendantes des intrants chinois; les secteurs manufacturiers : le textile (7 %), les produits non métalliques (1,7 %).

La FFC présente un rétroplanning des effets de pandémie sur la filière du véhicules industriels. Tout d’abord sur le plan européen. De mi-janvier à fin mars, la chaîne d’approvisionnement industrielle mondiale a été perturbée suite à l’arrêt de la production de composants en Chine. Tandis que mi-mars les principales usines de véhicules industriels cessaient leurs productions. Elle prévoit une reprise de la production courant mai et le début de livraisons au mieux mi-juin.

Après une année record de 310 000 immatriculations de véhicules industriels (supérieur à 5,1 tonnes) en Europe, les ventes devraient chuter pour ne pas dépasser 215 000 unités en 2020 et devraient remonter à 255 000 immatriculations en 2021. Les immatriculations de semi-remorques et remorques qui ont commencé à baisser en 2018 devraient poursuivre leur chute en 2020 pour atteindre les 120 000 unités. Elles ne devraient pas progresser avant 2021 (estimation de 145 000 immatriculations).

Ralentissement cyclique

En France, après une demande à très haut niveau en 2019, un ralentissement cyclique était attendu initialement pour 2020 (stagnation ou baisse selon les marchés) en dépit de conditions financières très favorables (taux d’intérêt, octroi de crédits). La crise du Covid-19 dégrade les perspectives pour l’industrie de la construction de carrosseries mais un rebond de la demande est attendu en 2021. « A la différence de la crise de 2008, les conditions financières resteront favorables et les mesures de soutien aux entreprises amortiront le choc, d’autant que la filière s’est depuis structurée à travers la PFA, facilitant ainsi le dialogue avec le gouvernement » indique la FFC. Le marché des porteurs devrait être le plus impacté avec une prévision de 17 000 immatriculations en 2020. Celui des tracteurs ne devraient pas dépasser les 19 000 immatriculations. Tous deux devraient enregistrer une hausse des immatriculations : 20 000 pour le premier, 24 000 pour le second. Concernant les semi-remorques et remorques, le volume d’immatriculations 2019 avait été très bien anticipé puisque les prévisions annoncées en décembre 2018 n’étaient que de 1% inférieures au réalisé. Les 2 premiers mois de 2020 étaient en repli de 8%, un rythme inférieur à celui des Tracteurs (- 18%). Il ne devrait toutefois pas y avoir de découplage à venir entre les investissements SR&R et Tracteurs.

« En raison de la crise sanitaire, 2020 s’annonce difficile pour l’industrie française de la construction de carrosseries. La plupart des secteurs clients vont subir une perte de CA, une rentabilité en baisse et, pour certains, des problèmes de trésorerie, difficultés qui impacteront leurs investissements » estime la FFC avant d’ajouter « l’année 2021 devrait être celle d’un rebond. Un des enjeux de l’impact du cœur de la crise et du rythme de la reprise réside dans l’efficacité des mesures publiques destinées à soutenir l’investissement des entreprises qui en feront la demande. Parmi ces mesures : aménagements des crédits engagés, garantie bancaire de 90% en cas de prêt de 3 à 7 ans des PME, prêts de 3 à 5 ans avec un différé d’amortissement, jusqu’à 5 millions pour les PME et 30 millions pour les ETI. La PFA est par ailleurs pleinement active pour appuyer la filière auprès des pouvoirs publics. »

Dans une seconde enquête auprès des entreprises de transport dans le contexte de l’épidémie du conoravirus, la FNTR indique qu’un quart d’entre elles sont à l’arrêt tandis que 78% de celles qui transportent de l’alimentaire et des aliments pour animaux poursuivent leur activité. L’automobile et du déménagement sont les secteurs les plus impactés.

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