EDITO HERVE REBILLON

EDITO de Hervé Rébillon : le risque de pénurie de camions est réel

Après la pénurie de conducteurs, une pénurie de camions. Plusieurs facteurs accumulés entraînent ce manque de matériel roulant, indispensable. Sans camion, il n’y a pas de transport routier.

Les deux principales raisons : les délais de livraison encore longs de véhicules neufs (jusqu’à 18 mois) et le prix de l’occasion qui s’envole. En clair, en France comme dans d’autres pays européens, il est difficile de se procurer un poids lourd. Chez bon nombre de constructeurs, les carnets de commandes sont pleins et certains ont fermé les commandes pour 2022.

Autre problème et non des moindres : « l’indisponibilité des véhicules neufs a rendu les camions d’un ou deux ans aussi chers que les nouveaux » indique une étude publiée par Project44. On parle d’un bond de 20% de l’occasion VI.

Le contexte économique retarde les renouvellements de parc camions. L’explosion du coût des matières premières et des pièces, dont les prix restent imprévisibles, font hésiter les transporteurs à acheter des nouveaux utilitaires et camions plus chers.

Sans compter les camions au gaz restés au parking de l’entreprise, faute de prix trop élevés et d’un début de pénurie de l’énergie. Les camions au gaz sont utilisés principalement pour la distribution et donc pour réapprovisionner les magasins. L’immobilisation de véhicules « propres » n’arrange guère la situation.

Et quand il y a des véhicules, la main d’œuvre vient à manquer. La pénurie de conducteurs ne fait qu’augmenter.

Comme de coutume déjà depuis des années, la demande en transport est plus forte en juillet et août. Mais nous sommes loin d’une pénurie de produits alimentaires dans les rayons des magasins. Les transporteurs vont devoir garder et faire rouler leurs camions plus longtemps. Pas beaucoup plus car il y a un impératif : la transition énergétique et ses mesures restrictives pour les véhicules utilitaires (ZFE, objectifs CO2).

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