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Projet vignette Poids lourd : les transporteurs préviennent avant toute action

6 juin 2018. Les fédérations de transporteurs ne décolèrent pas. Alors que la ministre des transports jette de l’huile sur le feu en multipliant ces pré-annonces d’un projet de vignette poids lourd, le patronat qui estime ne pas être entendu prévient Elisabeth Borne que la « ligne rouge » est pratiquement franchie. Comme nous vous le révélions hier sur TRM24.fr, la ministre et Nicolas Hulot devraient annoncer officiellement cette fameuse « redevance temporraire » la semaine prochaine.

La FNTR et l’union TLF déclarent ne pas désarmer et répètent avec vigueur « leur refus total de toute contribution supplémentaire en exigeant la vérité sur le fléchage des 39 milliards d’euros de recettes qui ne sont pas consacrés dans leur intégralité à la rénovation et au développement du réseau routier. » Les deux fédérations rappellent « qu’en 2017, la fiscalité du carburant (TICPE) représentait, pour les seuls poids lourds, 4,13 milliards d’euros par an. En ajoutant la taxe à l’essieu et les péages, les poids lourds seuls, s’acquittent de plus de 7 milliards d’euros par an. »

L’Otre réaffirme son opposition à l’instauration d’une vignette envisagée dans « un contexte où les modalités d’application sont totalement différentes de celles de 2015 » acrit-elle. « Il est inacceptable que l’État envisage aujourd’hui une telle mesure alors qu’il y a renoncé précédemment, d’autant plus que cette vignette viendrait se cumuler avec le maintien des quatre centimes de surtaxation gazole et la remise en cause partielle du remboursement de TICPE accordé aux transporteurs. »

Comme on dit, Elisabeth Borne aura été prévenue. Mais il semblerait que l’annonce d’une vignette poids lourd voire pire d’une partie de TICPE supplémentaire prenne la même forme que la réforme du statut des cheminots. Alors que la ministre des transports redit et redit qu’elle consulte les transporteurs, les fédérations se sentent isolées estimant que le ministère des transports n’écoutent pas leurs doléances. En clair, tout est déjà arbitré et tout est d’ores et déjà écrit. Si des rencontres entre le patronat et la ministre devaient avoir lieu, il ne s’agirait que d’une simple présentation sans négociation, comme avec les cheminots.

Mais, pour l’heure, les organisations patronales ont du mal à se décider si elles envisageraient de lancer un quelconque mouvement avant l’été si la vignette – ou toute autre contribution financière – devait être annoncée dans les prochains jours.

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