Économie

Pourquoi le blocage de centaines de poids lourds risque d’impacter l’économie

Des centaines de poids lourds ont été bloqués dans la seule journée de lundi. Quelques dizaines sont encore retenus par des blocages dans plusieurs régions. Les fédérations de transporteurs s’inquiétaient hier craignant pour la vie de leurs entreprises de transport, l’Union des entreprises de proximité qui rassemble les artisans, commerçants et professions libérales, met en garde contre un blocage de l’économie. Et l’immobilisation des camions entraîne d’ores et déjà des retards d’approvisionnements de magasin en aliments.

Hier, 680 tonnes de clémentines corses étaient bloquées dans des camions en région PACA par le mouvement des gilets jaunes, entraînant l’arrêt de la récolte dans l’île de Beauté. « Nous avons des retours des transporteurs et des centrales comme quoi la marchandise n’arrive plus dans les magasins, les camions sont bloqués par le mouvement des gilets jaunes » a indiqué l’AOP Fruits de Corse. Toujours hier, en Normandie, 50 camions qui devaient livrer 37 magasins Leclerc, étaient bloqués par les gilets jaunes. Ils arrivaient de la plateforme logistique SCA Normandie. Et ce sont ainsi des dizaines de grandes surfaces qui ne seront pas réapprovisionnés pour aujourd’hui.

« Nous comprenons les inquiétudes des manifestants, mais bloquer le pays ne rend pas service à notre économie”, a abondé le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), François Asselin. Des sites industriels n’ont pas été épargnés. Le site de production automobile MCA (Maubeuge Construction Automobile) situé sur la zone de Grévaux-les-Guides, à Feignies (Nord), n’a pas pu être réapprovisionné, les camions ne pouvaient pas rentrer empêchés par les gilets jaunes.

Les associations membres de LA CHAÎNE LOGISTIQUE DU FROID, et en particulier l’UNTF pour les transporteurs et l’USNEF pour les entrepôts, se disent préoccupées par les conséquences que le mouvement dit « des Gilets Jaunes » risque d’avoir sur les flux des denrées périssables. « Les blocages engendrés par le mouvement des Gilets Jaunes perturbent non seulement l’exploitation quotidienne des entreprises de stockage et de transport, mais risquent également de nuire à la sécurité sanitaire et à la qualité des denrées alimentaires » précisent-elles dans un communiqué commun. Les professionnels du froid alertent les pouvoirs publics sur « les effets collatéraux d’un mouvement populaire spontané, certes, mais dont l’impact est redoutable.
 Il est indispensable que les transports de denrées périssables ne soient pas pris en otage et que les forces de l’ordre agissent pour en assurer la libre circulation. »

Hier, dans des communiqués communs, les fédérations de transporteurs routiers s’inquiétaient du sort de leurs entreprises dont certaines sont plus petites et donc plus fragiles financièrement. « Dans certaines TPE PME, ce sont tous les véhicules qui se retrouvent pris en otage de ce mouvement de communauté citoyenne qui a démarré samedi » indiquait l’Unostra qui représente les TPEs et les PMEs de transport. La FNTR, TLF, la CSD et l’Unostra déclaraient que « les camions sont pris dans divers blocages et barrages et sont dans l’impossibilité de remplir leur mission d’acheminement des marchandises et de ravitaillement. »

Même si plusieurs blocages ont stoppé dans différentes régions, de nombreux camions restent encore paralysés sur des sites stratégiques comme les dépôts pétroliers. Bloquer l’économie du pays, c’était le reproche qui était fait aux mêmes fédérations de transporteurs qui ont paralysé il y a quelques années les routes et qui formulent aujourd’hui la même revendication. L’histoire se répètent mais les rôles et les objectifs de chacun ne sont pas les mêmes.

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