Tribunes

Arrêtez de conduire les camions sur des ordinateurs

Par Jean-Louis Delarue, surnommé Double mètre. Il fut conducteur routier pendant 50 ans dont 16 sur les routes du Moyen-Orient.

Mon nom n’a pas d’importance, car beaucoup dans le métier de « conducteur poids lourds » me connaissent sous le surnom de Double Mètre. A 73 ans, je ne compte pas les millions de kilomètres derrière moi. Autrefois, j’ai adoré mon métier, j’ai eu des patrons qui voulaient croire que le pavillon Français serait peut-être sauvé. Nous avons eu à une époque un rendez-vous avenue Georges V avec un reporter qui avait pour nom Jean Lanzi et qui nous a écouté attentivement et qui n’a rien entendu. C’était hier, et ces transporteurs avaient et ont des noms comme Stouff, Lompech, Sisternas, Santini, Iochum, etc. Nous aurons le temps plus tard d’énumérer ces employeurs qui ont écrit les plus belles pages du transport Français. C’était hier.

Aujourd’hui, le transport Français est plutôt, à mon humble avis, un peu tombé en désuétude du fait de transporteurs qui ne voient que dans ce métier une façon de faire du fric. En cela aidé par des lois qui les aident à devenir encore plus riches. Plusieurs exemples de ces transporteurs qui sillonnent les routes de l’hexagone. XPO est à n’en point douter un des exemples des plus criants, tout comme Perrenot. J’ai travaillé au sein de cette société, qui, à l’époque, était dans la famille Perrenot à Romans en Isère. De plus, nous avons une ministre des Transports qui ne connait du transport que la fiche de paie qu’elle avait au sein de la SNCF. Les routiers doivent être contents d’avoir pour ministre une femme qui gagnait un peu plus de 50 000 euros mensuel alors qu’ils ont eu le droit à une augmentation légale qui dépasse un peu 10,30 euros de l’heure pour les coefficients 150 M.

Juste un détail qui, selon moi, à une importance. Les conducteurs de trains gagnent bien plus qu’un conducteur routier et en travaillant beaucoup moins. Mais chut, il ne faut pas le dire. Je ne prends pas le train, mais mon amie qui, elle, prend parfois le Ouibus m’a fait remarquer que les tarifs pour un trajet qu’elle prend régulièrement, a triplé pendant cette période de grève, et comme Ouibus est une filiale de la SNCF, la SNCF fait payer à l’usager lambda les royalties qu’elle perd sur le trafic des trains.

Il y a aussi Air France où certains personnels volants demandent des augmentations, ce sont les pilotes. Je connais les émoluments, de certain de ces pilotes. J’ai envie de leur dire qu’il faudrait qu’ils arrêtent de faire du nombrilisme, car, certes, leur métier est dangereux, certes, ils ont fait des études longues et fatigantes. J’aimerais que ces personnes viennent un jour faire un tour au Kosovo pays qui n’est pas encore stable, où des conducteurs routiers risquent réellement leur vie pour apporter de la nourriture aux enfants Kosovar.

Les conducteurs routiers risquent leur vie, parfois meurent, et ce pour apporter de la nourriture dans les bases des grandes chaines de supers marchés. Cela pour un salaire de 10,30 euros de l’heure. Au fait, souvent les heures travaillées sont de plus de 200 heures mensuelles, en déplaise aux conducteurs de trains ou des pilotes d’avions.

Comme je suis en contact avec des personnes qui gèrent le transport, je voudrais leur lancer un message. Il faudrait mesdames, messieurs, que vous arrêtiez de conduire les camions sur votre ordinateur, car il est vrai que, pour aller du point A au point B, il faut un certain temps, et les promesses que vous faites à vos clients engagent les conducteurs, qui finissent par jeter par les fenêtres de leurs véhicules les bouteilles de plastique remplies d’urine. Je plains celui qui boit du Vichy, car le goulot est un peu petit, et il faudrait que les marques fournissent un entonnoir pour que cela soit plus facile d’uriner en roulant. C’est une vielle technique de routier mais qui perdure vu les contraintes de livraison.

2 Responses

  1. Il y a longtemps nous avons parcourus des routes que nous avons aimé pour la plupart des routiers de cet époque.
    Hervé REBILLON me connait depuis des années.
    J’ai écrit un livre sur ces routes d’hier le titre “ILS ONT OSE” il relate nos aventures d’hier.

    Il sera disponible fin de cette semaine.

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